Le ministre des affaires étrangères a reçu mardi les ambassadeurs de la Gambie, du Mali et du Sénégal. La rencontre de concertation intervient après l’arrestation d’une centaine d’étrangers suite aux manifestations de l’opposition qui conteste les résultats du scrutin.
La Mauritanie est entrée dans une période post-electorale très tendue. Les militants des candidats de l’opposition, à l’exception de Ould Mourteji, ont contesté les résultats provisoires du scrutin du 22 juin 2019. Ils ont été annoncés dans nuit du dimanche au lundi par la commission électorale nationale indépendante, CENI. Cette dernière donne vainqueur au candidat du pouvoir, Ould Ghazwani, avec 52.01% des voix. Le bilan fait état de plusieurs blessés et une centaine d’arrestations à l’intérieur du pays et dans la capitale. Parmi lesquels des étrangers.
Le ministre mauritanien des affaires étrangères, Monsieur Ismail Ould Cheikh Ahmed a convoqué hier (ndlr, mardi) les ambassadeurs de la Gambie, du Sénégal et du Mali pour une rencontre dans ses locaux. Il leurs a rappelés les liens de fraternité qui existent entre ces pays et leurs a expliqués la situation qui prévaut depuis l’annonce officielle des résultats provisoires. Les ambassadeurs ont été notifiés des arrestations à Nouakchott de 99 étrangers qui seront expulsés dans les prochains jours. Ils sont accusés d’avoir participé à une manifestation qui ne les concerne pas et d’avoir profité de la confusion pour s’adonner aux pillage et vols de biens d’autrui. « Nous avons constaté ces derniers jours, qu’il y a 99 étrangers qui ont été appréhendés par la police pour leur participation aux derniers incidents que nous ne qualifions pas de politiques dans la mesure où il y a des cas d’extorsion de fonds, de vandalisme mais aussi de tentatives de vols et de pillage dans certains commerces, explique le ministre. Ce groupe qui a été arrêté ne représente pas les colonies de ces pays qui existent en grand nombre, et qui venus pour gagner leur pain avec leur famille sont en général paisibles et respectent la loi.
Il transmettait trois messages aux ambassadeurs: le premier c’est ce que ce mouvement ne représente pas l’image que nous avons du Sénégal et du Mali dont les colonies sont parmi les plus importantes que nous avons. Ainsi ils se comptent par milliers pour les sénégalais et les maliens en plus de la colonie gambienne qui est peu nombreuse. Le deuxième c’est que, ce groupe qui a été arrêté ne représente pas les colonies de ces pays qui existent en grand nombre, et qui venus pour gagner leur pain avec leur famille sont en général paisibles et respectent la loi. Le troisième, c’est que la Mauritanie est un pays qui accueille les visiteurs et ouvre ses portes aux pays voisins mais par ailleurs, ne tolérera aucune contravention à sa législation ni à la règlementation régissant les résidents en son sein et que ces évènements n’ont aucun lien avec les relations fraternelles entre la Mauritanie et ces pays amis.
Le ministre des affaires étrangères souligne que: » le groupe appréhendé sera expulsé du pays et ne sera jamais admis à y revenir ».
Le ministre de l’intérieur a menacé de répression aux individus qui participeraient aux manifestations non autorisées. Selon lui, il y aurait une main étrangère dernière ces incidents. Monsieur Ahmedou Ould Abdallah a affirmé l’échec du complot étranger ourdi par des parties extérieures dans le but de nuire au pays, juste après l’élection présidentielle réussie, dont tous ont reconnu l’honnêteté et la transparence, y compris les observateurs et des partis soutenant certains candidats, précise l’agence mauritanienne d’information.
Les mauritaniens résidents en France ont assiégé leur ambassade ce mardi. Ils protestaient contre la victoire de Ghazwani au premier tour. Leurs compatriotes vivants au Sénégal prévoient de faire une marche ce jeudi matin. Ils partiront à neuf heures de la place de d’obélisque à l’ambassade de la République islamique de Mauritanie dans la capitale sénégalaise.
A noté que l’Internet est coupé dans tout le pays depuis dimanche. Difficile, dans cette situation, d’établir une connexion avec les contestataires.
Oumar Ba