Les Mauritaniens sont appelés aux urnes le samedi 22 juin 2019 pour élire le successeur de Mouhamed Ould Abdel Aziz. Six candidats sont en campagne pour la présidence de la République pour les cinq prochaines années.
En Mauritanie, Biram Dah Abeib est l’un des candidats de l’opposition le plus virulent. Il prône “Pour une Mauritanie juste“ et sans “esclavage“ en dénonçant les esclavagistes qui sont pour la plupart protégés par la hiérarchie administrative et réclamant justice pour les victimes qui sont des meures noirs comme lui et qui vivent dans des zones qui ne disposent même pas d’infrastructures sanitaires et éducatives. C’est pourquoi il attire l’attention des autorités du pays qui n’ont ménagé aucun effort pour l’éliminer politiquement. Malgré d’énormes efforts consentis pour salir son image. L’avocat n’a jamais baissé les bras et accepté les propositions de ses rivaux. Il a été à plusieurs reprises mis aux arrêts, interdit de voyager et emprisonné dans les prisons où ses droits ont été violés.
En 2018, à quelques jours des élections municipales, législatives et régionales, vu qu’il représentait un danger pour le pouvoir et son parti puisqu’il allait faire campagne pour la coalition Ira-Sawab, il a été accusé d’avoir menacé un journaliste et passé 146 jours derrière les barreaux. Quatre ans avant, en 2014, il était accusé d’incitation à la haine raciale et avait été emprisonné pendant un mois. Malgré tout, ses partisans ont battu campagne pour lui pour les législatives de 2018. Résultat : il est élu député à l’Assemblée nationale.
Son combat contre l’esclavage et pour une Mauritanie juste lui a valu des reconnaissances partout dans le monde. En 2013, il obtient le prix des droits de l’homme des Nations-Unies et le prix Front Line Award For Human Right Defenders at Risk de l’ONG irlandaise Front Line Defenders.
La présidentielle du 22 juin est sa deuxième participation après celle de 2014. Il était arrivé en troisième position avec 8,67% des voix au premier tour.
Pour avoir plus de visibilité, il a mis en place un mouvement qui lutte pour l’abolition de l’esclavage. L’association est fondée en 2008. Elle s’appelle l’initiative pour la Résurgence du Mouvement abolitionniste, IRA. IRA-Mauritanie a fait plusieurs sorties nationales et internationales pour dénoncer tantôt l’injustice que vivent les sa communauté et les autres tantôt pour la libération de leur leader. IRA a enregistré des centaines de milliers d’adhérents en Mauritanie et dans plusieurs pays étrangers. Parmi lesquels, la Belgique.
En Belgique où la communauté mauritanienne est importante, beaucoup de ressortissants mauritaniens sont réunis autour de l’IRA-Belgique pour participer à la lutte contre la discrimination raciale, l’injustice, le clientélisme, les conditions de vie difficiles et l’enrôlement biométrique qui a privé des milliers de négro-mauritaniens de leur nationalité. Les membres de l’IRA-Belgique organisent depuis 2008 des manifestations un peu partout en Belgique pour dénoncer ce que leur leader combat.
Un groupe de jeunes soucieux du devenir de leur pays se battent toujours depuis le début de la campagne électorale en organisant des porte-à-porte pour expliquer aux autres les enjeux la présidentielle du 22 juin et le programme de leur candidat. A chaque réunion, ils proposent des stratégies pour une victoire éclatante de Biram Dah Abeid. Parmi eux Wone Abou, Mamadou Dia, Dia Samba et Dia Mamadou. Ils sont actifs et présents à toutes les manifestations. En 2018, ils ont assisté aux différents rassemblements pour demander la libération de Biram Dah Abeid, l’abolition de l’esclavage.
Les quatre personnes ont participé devant le parlement européen, le 13 septembre 2018 devant l’ambassade de la République Islamique de Mauritanie en Belgique pour la justice aux 28 noirs assassinés pour célébrer la fête de l’indépendance en 1990, à la gare centrale demander la libération de Biram et devant le Parlement européen pour informer la communauté internationale des violations des droits de l’homme en Mauritanie. Ils assistent aussi aux manifestations organisées par le mouvement Touche Pas à Ma Nationalité de Belgique.