Aly Ba : la vidéo arbitrage a influencé le résultat final de la Coupe d’Afrique des Nations


L’Algérie est sacrée championne d’Afrique pour la deuxième fois après le trophée acquis en 1990. Elle a battu le Sénégal par un but à zéro lors de la finale de la trente deuxième édition de la Coupe d’Afrique des Nation qui s’est tenue en Égypte du 21 juin au 19 juillet 2019.

Aly BA, arbitre en Belgique et administrateur de la page facebook (Le walo), analyse pour la rédaction de kabarujakka les 52 matchs et l’entrée de la vidéo arbitrage lors des quarts de finale de la CAN.

Qu’est-ce qu’on peut tirer comme bilan de la première CAN à 24 équipes ?

Aly BA : je pense que cela a été positif. Il y a eu plus de matchs disputés (52 matchs, ndlr) et beaucoup de nations ont eu l’occasion de participer à cet événement (la Mauritanie et le Madagascar). Parce qu’avec 16 équipes, les petites nations de football avaient du mal à s’imposer durant les éliminatoires pour se faire des places parmi les meilleures.

Comment les entraîneurs locaux ont réussi à éliminer les sélections dirigées par ceux qui viennent d’autres continents ?

Les sélectionneurs nationaux connaissent mieux leurs équipes et sont plus impliqués grâce à l’amour du drapeau. Donc ils s’investissent beaucoup pour faire gagner leurs pays. Et peut-être cela va permettre aux Africains de rompre d’avantage avec le complexe des coachs européens appelés communément sorciers blancs et qui coûtent trop d’argents aux fédérations nationales.

La VAR a fait son entrée à la CAN à partir des quarts de finale pour la première fois en Afrique. A-t-elle été efficace ?

La VAR a été utilisée à partir seulement des quarts de finale parce que la CAF avait estimé que c’est compliqué financièrement de l’utiliser durant toute la compétition. Malheureusement, cette restriction a lésé quelques équipes durant les rencontres de groupes comme le Ghana qui a vu  un arbitre annulé injustement un de ses buts.

On peut dire que la VAR a été efficace quand on a commencé à l’utiliser, elle a été utilisée pendant les deux demi-finales et lors de la finale pour confirmer 1e penalty pour le Nigeria contre l’Algérie, annuler un pénalty au détriment des Tunisiens contre le Sénégal et éviter un penalty du Sénégal contre les algériens en finale. Donc on peut dire que la vidéo arbitrage a bien influencé le résultat final de la compétition.

L’équipe du Sénégal, vice-championne, a-t-elle réussi cette trente deuxième édition ?

Je pense que le Sénégal pouvait ou même devait mieux faire parce que non seulement, les lions sont au sommet du classement FIFA en Afrique et ils ont le meilleur effectif si on regarde les clubs de l’ensemble des 23 joueurs.

Ils évoluent tous dans de très grands clubs européens. Le Sénégal comptait dans ses rangs un potentiel ballon d’or Africain en 2019, Sadio Mane et l’un des cinq meilleurs défenseurs au monde, sans oublier le footballeur qui a réussi plus de tacles cette année en première ligue anglaise cette saison, Gana Gueye pour ne citer que ceux-là.

Les supporters Sénégalais auront du mal  à digérer cette défaite même s’ils ont réservé un accueil chaleureux aux lions le lendemain de la finale. Le Sénégal était tout près de l’objectif, mais Aliou Cissé n’a pas pu trouver le schéma pour battre les Algériens…

La compétition a été belle et bien médiatisée. Et tous les Africains se sont impliqués émotionnellement jusqu’à la dernière minute. La finale a été suivie partout dans le monde parce que l’affiche faisait rêver.

Par Oumar BA, Directeur de Publication.