Pour récupérer leurs cartes GAB, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop sont obligés de passer des nuits blanches devant l’agence de l’Ecobank Express.
Suite à la conférence de presse organisée par le collectif des amicales de l’UCAD, la Banque panafricaine a commencé la distribution des cartes GAB aux étudiants qui avaient perdu leurs cartes ou dont leurs cartes sont expirées depuis 2016. La seule agence de l’Ecobank habilitée à délivrer les cartes GAB est envahie par les étudiants dès les premières heures de la soirée.
Ce soir, les étudiants, qui ont des noms commençant par T, K et Dia jusqu’à Diallo, ses sont donnés rendez-vous devant l’agence, aux environs de vingt heures, pour mettre en place une liste par ordre d’arrivée. Ils tentent de convaincre les vigiles qui refusent leur proposition. Ces derniers ne créeront la liste qu’à partir de quatre heures du mardi 13 et ne prendront que les cinquante premiers étudiants qui marqueront leurs présences la nuit.
Étudiant en deuxième année à la faculté des lettres et sciences humaines au département LM, Mamadou est assis, à vingt deux heures et trente trois minutes, sur le pied du panneau publicitaire en face de l’agence avec un livre de Balzac, le père Goriot. Aujourd’hui n’est pas sa première nuit blanche et il n’a eu la chance les mardis passés de récupérer son argent. « Je vais veiller toute la nuit et c’est ma troisième nuit blanche. C’est difficile. Je suis là pour régler mon rappel des mois d’octobre, de novembre, janvier et de février », explique-t-il en colère.
Avant la délivrance des cartes GAB, plusieurs boursiers étaient repartis entre les agences de Wari, Wizall et Ecobank et avaient rencontré d’énormes difficultés ces derniers mois. Ils sont été renvoyés à plusieurs reprises à cause d’un manque de liquidité et d’absence d’internet. Ibrahima Thiam, étudiant en L3 PC à la faculté des sciences et techniques, a subi les mêmes conséquences que certains de ses camarades. Pour profiter de la nuit, il lit ses cours non loin de l’agence. Les jours du scientifique passent et se rassemblent car il finit toujours sa journée, après avoir passé trois nuits blanches, sans prendre sa bourse. Lui aussi a passé trois nuits blanches et a trois jours de cours pour être payé sans succès. « Les agences de Wari nous renvoient, après quelques jours de retard, à l’Ecobank. C’est pourquoi je n’ai pas reçu ma bourse du mois de décembre », soutient-il.
Des étudiants de cinquième année, des stagiaires pour la plupart, sont obligés de fuir certains cours et de demander des permissions pour disposer de leurs cartes. Mouhamed Thiam, étudiant en cinquième année en pharmacie de la faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie réunit un groupe d’étudiants pour dénoncer la situation que vivent ses camarades. « Y a beaucoup d’étudiants qui sont venus avant moi. Nous allons passer la nuit ici. Les étudiants souffrent ici la nuit. A ces pareilles heures, ils devraient être dans les chambres pour dormir ou dans les amphithéâtres pour réviser. Certains stagiaires sont contraints de demander des congés pour pouvoir se présenter afin de récupérer leurs bourses ou cartes et ça ne fait pas avancer le pays.
J’ai eu des difficultés avec Wari les mois passés pour récupérer ma bourse. Dès fois on me fait savoir que le virement n’est pas disponible ou que je suis en retard », raconte-t-il.
Actuellement, seule l’agence Express, située sur l’avenue Cheikh Anta Diop, reçoit les étudiants pour le paiement, la distribution des cartes et le service clientèle. « C’est un système qui est mal fait. C’est inadmissible de mettre à la disposition des milliers d’étudiants une seule agence pour payer à la fois les bourses, délivrer les cartes et répondre aux différentes questions des clients », ajoute le pharmacien en formation.