Aly Ba un des mauritaniens de la diaspora qui vit en Belgique analyse les enjeux de la présidentielle du 22 juin et les conditions du « changement » que les Mauritaniens oubliés et opprimés réclament. Il appelle les militants de l’opposition à éviter les attaques entre eux et ne pas se tromper de cible.
En Mauritanie, le 22 juin 2019, les électeurs iront aux urnes pour choisir le successeur de Mohamed Ould Abdel Aziz qui dirigera le pays pendant les cinq prochaines années. Six candidats sont en campagne dans les 15 régions du pays. Avant l’ouverture officielle de la campagne, ils ont rencontré leurs militants dans les pays étrangers pour les sensibiliser et restructurer leurs troupes.
Le président sortant n’est pas candidat à un troisième mandat malgré l’appel de certains membres de l’Union Pour la République à modifier la constitution pour lui permettre de participer à la course présidentielle qui présente deux enjeux pour les deux côtés. « C’est une élection particulière en Afrique et en Mauritanie par ce que le président en exercice, Mohamed Ould Abdel Aziz, n’est pas candidat à sa propre succession, explique Aly Ba. Les deux enjeux qu’on peut retenir sont: pour le pouvoir le maintien du système de Mouhamed Ould Abdel Aziz qui a exclu et opprimé une partie des citoyens. C’est-à-dire élire son compagnon d’armes, Ould Ghazouani.
Pour les militants de l’opposition, l’autre enjeu est d’instaurer au soir du 22 juin, Un changement du système. Et pour cela, il faut combattre tout le système et ne pas se tromper de combat en voulant changer l’homme et maintenir son œuvre ».
En Mauritanie, il est difficile pour un opposant de remporter l’élection présidentielle. Les vainqueurs des élections ont été soutenus par le pouvoir. Ils utilisent les moyens de l’État pour battre campagne. Par exemple, les radios et télévisions pour faire la propagande, les véhicules du gouvernement pour organiser des caravanes. C’est pourquoi, ceux qui sont du côté des autorités arrivent toujours en tête. Ainsi, un deuxième tour entre Ould Boubacar et ou Ould Ghazwani et un autre ne sera pas une grande surprise. « Pour l’opposition, réussir cette élection, c’est réussir à envoyer un des trois opposants fiables (Kane Hamidou Baba, Birame Dah Abeid, Ould Maouloud) au deuxième tour. Dans ce cas, il est à exclure un second tour entre Ghazouani, le dauphin du chef d’État qui était l’ancien chef d’état-major de la garde présidentielle de Ould Taya et Ould Boubacar, l’ancien Premier ministre de Ould Taya, affirme Aly Ba.
Les militants de l’opposition n’attendent qu’un deuxième tour pour sanctionner le système en place et donner le coup d’envoi du changement. « Un opposant au second tour contre un des anciens collaborateurs de Taya pourrait porter un espoir de changement. Les populations se mobiliseront pour mettre fin au système qui a instauré deux types de citoyens » rassure-t-il.
Pour le moment, le plus urgent en Mauritanie, c’est le « changement total du système, rappelle Monsieur Ba. Car le pays a besoin d’un président qui a une vision et qui pourra redonner la confiance à la population. Et c’est un changement qui sera incarné par un des opposants fiables ».
Oumar Ba