Découvrir les centres Adista à Banda Aceh
témoignage de Laetitia, ancienne chargée de communication (archives)

J’ai accompagné deux membres de Chemins d’Enfances à Banda Aceh en février dernier. J’ai passé la plus grande partie de mon séjour dans les centres Adista. Ce qui m’a le plus frappée a été de découvrir, au milieu des baraquements de réfugiés, de grandes maisons rien que pour les enfants, qui représentent une parenthèse ludique et sereine dans la vie quotidienne. Les contacts et approches ont été différents selon les centres, mais des points communs apparaissent très clairement, tant au niveau des centres eux-mêmes qu’à celui des enfants et adultes y prenant part.

Les centres d’Adista

Ce sont des endroits très gais et colorés. Les centres sont des lieux ombragés, calmes et chaleureux. Ils sont tous conçus de la même façon ; le premier étage est divisé en 5 coins : « Symbolique » (2 zones), « Assemblage », « Règles », « Bibliothèque / Dessin ». L’espace sous l’étage est réservé aux activités manuelles. Certains centres bénéficient d’un terrain sur lequel les enfants peuvent jouer et se dépenser, avec parfois des jeux de plein air : toboggans, balançoires… Les enfants y sont comme chez eux !

Les enfants et les jeux

Les enfants connaissent très bien les différentes zones et le rôle de chacune d’entre elles, ils savent directement où aller en fonction du jeu auquel ils souhaitent jouer. Ils ont également bien intégré les règles : ranger le jeu une fois celui-ci terminé, ne pas le changer de zone, finir son goûter avant de monter au 1er étage.

Selon leur âge, ils sont attirés par des jeux différents :

  • Les plus petits (3-8 ans) jouent davantage dans les espaces symboliques (voitures, poupées, kitchenettes) et s’essaient au Kapla [1] et au dessin.
  • Les 8-12 ans jouent essentiellement au Kapla, à l’Awalé [2] et plus épisodiquement aux jeux de règles (surtout UNO et Mikado).
  • Les adolescents (12-18 ans) jouent également au Kapla et aux jeux de règles mais je les ai sentis un peu plus désœuvrés : je ne suis pas sûre que les jeux proposés dans les centres correspondent à leurs âges et à leurs attentes. On sent, surtout chez les garçons, une grande envie de se dépenser !

Les enfants, quel que soit leur âge, s’amusent aussi beaucoup avec les instruments de musique (guitare et tambourins), mais ne savent pas toujours bien en jouer. Cela donne lieu à des concerts improvisés qui se terminent la plupart du temps en éclats de rire.

Les enfants et les activités

Tous les centres proposent des activités manuelles quotidiennes. Il s’agit essentiellement de fabrication de colliers et bracelets, sacs ou masques. Ces activités semblent être plus pensées pour les filles que pour les garçons. La seule activité plus spécifique aux garçons est la fabrication de cerfs-volants dans certains centres, qui semble rencontrer un grand succès. Ce sont essentiellement les enfants âgés de 4 à 12 ans qui participent aux activités manuelles.

Des cours de danse et de théâtre sont également organisés, mais leur fréquence varie beaucoup d’un centre à l’autre. Je ne les ai pas vu faire beaucoup de sport (un peu de cerceaux ou de badminton), alors qu’ils (les garçons à partir de 10 ans surtout) débordent d’énergie et ne demandent qu’une chose : se dépenser !

Les adultes

Les familles semblent trouver leur place dans le centre, soit en participant aux activités ou en jouant avec les enfants, soit en jouant ou en discutant entre eux.

Les animateurs sont attentifs aux enfants et semblent bien dans leur élément. Il n’est par exemple pas rare de voir certaines femmes en manches courtes ou sans foulard à l’intérieur des centres (du fait de la religion, très présente, les femmes sont toujours couvertes et voilées à l’extérieur).

Résumer une si belle expérience en quelques lignes n’est pas facile, d’autant plus qu’il s’agit essentiellement de rencontres et de contacts humains, mais si je devais n’en retenir que quelques mots, ce seraient joie, bonne humeur, solidarité, mais aussi organisation et professionnalisme qui illustreraient le mieux l’action d’Adista et son impact sur les enfants et plus généralement sur les communautés.

Notes

[1] Le Kapla, créé par le hollandais Tom van der Bruggen, est un jeu composé de planchettes de taille identique en pin des Landes. Avec les planchettes, les enfants et les adultes peuvent bâtir et créer toutes sortes d’architectures, des formes, d’animaux, etc.

[2] Jeu africain qui se joue sur un tablier taillé en bois (rarement en pierre ou en métal) ou bien creusé à même le sol. Le tablier comporte deux rangées de 6 cases chacune. Les deux rangées constituent les camps respectifs des joueurs. Le but du jeu est de capturer le plus grand nombre de graines. Les graines n’ayant pas de couleur distincte pour chaque camp, elles appartiennent aux deux joueurs en cours de partie. Mais chaque joueur est amené à en capturer, il les place alors dans sa réserve.